Cette étude analyse comment des étudiants universitaires utilisent le graphique pour modéliser des trajectoires lorsqu’ils travaillent avec des fonctions paramétriques sans disposer d’expressions analytiques. S’inscrivant dans la Socioépistémologie, et particulièrement dans le modèle Fonctionnements–Formes (Fu–Fo), l’analyse porte sur le passage par les trois moments de l’usage du graphique. L’étude adopte une approche qualitative et s’appuie sur l’analyse de productions graphiques et d’énoncés recueillis auprès de huit étudiants dans deux activités parallèles de modélisation. Les résultats montrent que les étudiants : (1) construisent des représentations initiales à partir de segmentations et de numérisations spatiales ; (2) justifient des transformations du tracé, étirements horizontaux dus aux changements de vitesse et segments constants associés aux arrêts, en articulant le graphique avec le phénomène ; et (3) généralisent des critères construits pour une fonction composante afin d’ajuster l’autre sans reconstruire le raisonnement depuis le début. À partir de ces données, une extension du modèle Fu–Fo est proposée pour les contextes paramétriques.